moi, le vilain de la famille

 

 

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On se souvient tous de l'histoire du vilain petit canard qui naît différent de ses frères. Il se fait malmener par le reste du groupe, puis carrément chassé de la basse-cour.
Selon les spécialistes, ce phénomène a été observé chez les êtres humains et qualifié de syndrome du «vilain petit canard».                 Il s'agit d'un de rejet et d'exclusion dont a été victime un cygne qui a grandi malgré lui dans une famille de canards. C'est une petite histoire, selon laquelle un œuf perdu s'est retrouvé accidentellement dans le nid d'une cane. Après éclosion, on découvre un «vilain petit canard» qui ne ressemble pas à ses frères, lequel est en réalité un cygne. Alors la galère commence...                                             Cela explique l'origine de ce qualificatif lourd de sens, mais également de conséquences. C'est un phénomène qui existe depuis longtemps. Il remet en cause l'appartenance à un groupe. La différence physique flagrante d'un enfant, quel que soit son degré, sera vécue par les parents comme un handicap futur. Elle provoquera dans une famille des agressions verbales et même physiques répétées qui aboutissent généralement au rejet. La victime cherche toujours à fuir par peur mais aussi pour être à l'abri des moqueries et des jugements. Pour elle, tant qu'elle est différente physiquement. Le phénomène du vilain petit canard s'observe également dans le milieu professionnel, à l'école et entre amis.

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Moi le vilain petit canard

Ecartés, méprisés, humiliés, rejetés, les «vilains petits canards» gardent de mauvais souvenirs de leur enfance. Que ce soit dans leur milieu familial ou scolaire, ces souffre-douleurs n’étaient pas en odeur de sainteté. Mis en quarantaine, moqués et raillés, ils ont payé cher leur «différence». Stigmatisés, ils ont beaucoup souffert avant de prendre leur revanche.

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Zahida, 37 ans
Un physique ingrat est souvent lourd à porter. Zahida n’a pas été gâtée par la nature. Sa famille ne le lui a jamais pardonné. «J’ai toujours entendu ma mère dire que je ne ressemblais à personne d’autre dans la famille. En grandissant, j’ai compris ce qu’elle me reprochait : ne pas avoir un teint clair et des cheveux soyeux comme ma sœur et mon frère. Mes cheveux crépues et ma petite taille faisaient de moi le vilain petit canard de la famille. A cause de mon physique, j’étais rejetée et mal aimée. J’ai toujours senti que mes parents me traitaient moins bien que les autres. Toutes les corvées m’étaient réservées. Ma sœur était chouchoutée. Pas moi. Elle recevait des cadeaux, les meilleures parts à table et surtout des câlins.
Cette «hogra» était insupportable. A chaque fois que je rouspétais, je recevais une punition. A un moment donné, j’en suis même arrivée à croire que j’avais été adoptée. Ma sœur et mon frère étaient l’objet de toutes les attentions. Eux étaient «beaux» et avaient droit à tous les égards.
A l’adolescence, j’ai complètement perdu confiance en moi. J’avais tellement besoin d’être rassurée, mais, là encore, je me suis heurtée au rejet de mes camarades de classe. Mes résultats scolaires étaient catastrophiques... J’ai beaucoup souffert d’être exclue de partout, mais en même temps, je me suis forgée une carapace. Aujourd’hui, j’ai fondé une famille et je veille scrupuleusement à ne pas reproduire les erreurs de mes parents.

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Mohamed, 40 ans
Etre rejeté par ses camarades de classe, rien de tel pour semer le désordre dans l’esprit d’un adolescent. Parce qu’il était en surpoids vers 14 -15 ans et qu’il avait le visage piqué d’acné, Mohamed a été le vilain petit canard de sa classe. Mes camarades passaient leur temps à me traiter de «smina», de «bonbonne de gaz», de «gros plein de soupe»… A cause de mon obésité, je ne trouvais rien à me mettre. A l’âge où les garçons entretiennent un rapport de séduction avec les filles, moi j’aurai tout donné pour raser les mur et disparaître sous terre. Humilié, insulté et moqué par les garçons de mon âge, j’étais mal dans ma peau. Résultat : je me suis renfermé sur moi-même et cela a duré jusqu’en terminale. Entre- temps, j’avais mûri et j’ai décidé de changer. J’avais la rage. Alors parallèlement à mes études, je faisais du culturisme dans une salle de sport un soir sur deux. En perdant du poids, j’ai gagné de l’assurance. Le regard des autres a changé et, du coup, j’étais mieux accepté et intégré.

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Farid, 45 ans
Etre le souffre-douleur de sa propre famille est certainement une des plus douloureuses expériences à vivre. Farid se souvient : «Mes parents me battaient en répétant que je n’étais qu’un bon à rien. Maigrelet et chétif, on m’avait affublé de tous les sobriquets : «moustique», «mesmar», «mort-vivant», «cadavre ambulant». En plus de mon extrême maigreur, je souffrais d’une presbytie qui m’obligeait à porter d’affreuses lunettes…
Mes frères, qui avaient tous les privilèges, me cognaient dessus. Mon enfance est loin d’avoir été rose. Parce que je n’ai pas eu la chance d’être gâté par la nature comme eux, j’étais devenu leur bouc-émissaire. Seule ma grand-mère savait me consoler.
Je trouvais souvent refuge chez elle et pleurait tout mon saoul en lui racontant mes déboires.
Et surtout, je me promettais de me venger une fois devenu grand. Les années ont passé et la situation n’a pas beaucoup évolué. Je suis toujours méprisé par ma fratrie, mais aujourd’hui, je n’y accorde pas trop d’importance. Dieu merci j’ai réussi ma vie. J’ai une situation confortable. Avoir été maltraité dans ma jeunesse m’a donné la hargne, l’envie de renverser la vapeur, d’être quelqu’un d’accompli. Je me disais, «un jour, je leur montrerai de quoi je suis capable !». J’ai étudié, travaillé et fondé ma propre famille. Et surtout, je me suis forgé un caractère fort et autonome que je n’aurai certainement pas eu si j’avais été «élevé dans du coton», conclut Farid.
«Ce qui ne te tue pas te rend plus fort», disait Nietzsche. De quoi consoler un tant soit peu tous les «vilains petits canards» qui font les frais de la bêtise humaine.                                                Soraya Naili

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samedi 29 mars 2014 21:21


Calédoun

 

Calédoun de Rachid Sellal

L’histoire des déportés algériens
en Nouvelle-Calédonie

Le dossier des déportés algériens en Nouvelle-Calédonie est l’un des éléments de cette mémoire en miettes que des gens de bonne volonté s’attellent à recueillir et à préserver. L’essai de Rachid Sellal, Calédoun, s’inscrit dans un louable effort de réappropriation de la mémoire.



Il s’agit là d’un livre paru aux éditions Casbah et dont l’intérêt documentaire, voire la pertinence historique sont à souligner. Calédoun est d’abord le fruit de recherches laborieuses et de plusieurs déplacements en Nouvelle-Calédonie même. Cette île montagneuse d’Océanie (Pacifique sud), le plus grand territoire français d’outre-mer, était tristement célèbre par son pénitencier de 1854 à 1896. Elle était notamment la terre de bagne des déportés algériens suite à l’insurrection de 1871 et qui s’étaient retrouvés exilés à près de 20 000 km de leur pays. Les séjours sur place ont permis à Rachid Sellal de retrouver une trace émouvante, car presque totalement effacée, de ces déportés. Son ouvrage contribue, de la sorte, à ne pas casser le fil ténu qui les relie eux et leurs descendants à la terre d’Algérie. «Le livre raconte l’histoire dramatique de ces déportés algériens qui, en voulant rester eux-mêmes sans renier leur âme, fiers de leur passé, de leur religion, nous ont laissé un message fort, plein de dignité et d’espoir. L’instauration d’un climat de confiance avec cette communauté a été longue, elle a exigé beaucoup d’efforts et de communication. C’est une intrusion dans leur passé et dans leur intimité familiale. Cette communauté a beaucoup souffert, les anciens parents parlaient très peu de leur passé. Un passé qu’ils souhaitaient oublier à jamais pour permettre à leurs descendants de vivre sur des bases nouvelles et dignes», souligne l’auteur dans son introduction. Aussi, cette enquête historique sera en même temps un hommage à toutes ces victimes de la barbarie du colonialisme français. L’incursion dans un passé vieux de plus de 140 ans s’est faite prudemment. Parce que les sources bibliographiques sont rares et peu fiables. Rachid Sellal relève à ce sujet : «Le peu de livres ou de documents disponibles concernant l’histoire de l’insurrection de 1871 de la Kabylie et celle des déportés algériens de Nouvelle-Calédonie ont été écrits par les vainqueurs, avec les inévitables, inexactitudes qu’ils comportent.» D’un autre côté, cette histoire n’a pu être transmise que par voie orale, chez les familles, de génération en génération. Ce sont ces raisons, parmi d’autres, qui ont incité l’auteur à produire un ouvrage d’une grande valeur historique et qui contribue à enrichir la connaissance mémorielle. Aujourd’hui, le lecteur algérien tient enfin entre les mains un vrai premier livre sur les déportés en Nouvelle-Calédonie, surtout que Rachid Sellal maîtrise parfaitement son sujet et se veut le plus objectif possible. Le titre de cet ouvrage de 160 pages — Calédoun — donne déjà le ton de l’histoire tragique qui sera racontée dans les treize chapitres qui suivent. C’est en effet par ce terme que les premiers déportés algériens désignaient la terre de bagne d’où la plupart d’entre eux n’étaient jamais revenus. Tout de suite après, dans l’introduction, l’auteur entre dans le vif du sujet. Il rappelle le contexte de l’époque (en 1870 et 1871), explique, fait les liens...
En France, «la situation sociale et politique (...) est explosive». Le lecteur commence à se familiariser avec deux noms : «Adolphe Crémieux et Henri Rochefort, deux acteurs majeurs associés à l’histoire des déportés algériens en Nouvelle-Calédonie.» Après l’humiliante défaite de l’armée française contre l’Allemagne, il y eut les évènements sanglants de la commune de Paris en mars 1871. «Plusieurs responsables seront fusillés et plusieurs milliers d’activistes de cette commune seront jugés et déportés en Nouvelle-Calédonie», rappelle Rachid Sellal. Pendant ce temps, en Algérie, la colonisation commet de graves méfaits : expropriation des propriétaires terriens algériens, pillages, meurtres, sanctions, amendes, procès, prison, bagne... Après l’insurrection de 1871, des «Algériens seront à leur tour jugés et déportés en Nouvelle-Calédonie où ils côtoieront durant plusieurs années leurs compagnons d’infortune de la commune de Paris». Sauf que, par la suite, les déportés algériens ne bénéficieront jamais des lois d’amnistie. Par ailleurs, l’auteur juge utile de préciser que «les condamnés algériens à l’éloignement de leur pays étaient initialement classés en trois catégories : transportés, déportés et relégués. Les transportés étaient ceux condamnés pour des faits de droit commun, les déportés pour des faits politiques et les relégués étaient des délinquants multi-récidivistes». Après cela, le lecteur découvre les prémices de la révolte de 1871, le tragique de l’insurrection de Mokrani, la sanglante répression et la politique de la terre brûlée menée par les autorités coloniales. Depuis la fin de l’insurrection, en juillet 1871, beaucoup d’accusés sont condamnés à mort. D’autres, condamnés à la perpétuité, seront déportés en Nouvelle-Calédonie. Parmi les quelque 500 déportés algériens figurent Boumezrag Mokrani, Aziz et M’hand Al Haddad, embarqués le 10 mars 1873. «Boumezrag Mokrani, un des chefs de l’insurrection de 1871, pour avoir été exilé longtemps et exclu du champ d’application de toutes les lois d’amnistie promulguées, restera le plus célèbre parmi ses compatriotes», écrit Rachid Sellal à propos de celui qu’on appelait «le grand captif».
D’autres noms, moins connus, peuplent le livre pour raconter l’histoire des déportés et celle de leurs descendants : Ali Ben Galouz, Ali Amzian Ou Kezzouz, Miloud Ben Abdallah, Abdelkader Boufenèche, etc. L’auteur retrace aussi l’histoire de noms de lieux : l’île des Pins, Bourail, Ourou, Essadiou... Par la suite, «les déportés d’Algérie auront des itinéraires et des destinées différents. La plupart retourneront au pays une fois leur peine accomplie, mais d’autres décident de s’installer durablement dans ce nouveau pays d’adaptation. (...) Au début du vingtième siècle, ils ne seront plus que deux déportés politiques à être maintenus en exil en Nouvelle-Calédonie : Boumezrag Mokrani et Mohamed Ben Taleb». Ceux qui sont restés se marièrent à des Européennes ou à des Mélanésiennes.
En 1896 fut créé le cimetière musulman et, un siècle plus tard, une mosquée fut construite près de la ville de Bourail. Dans l’avant-dernier chapitre consacré à la communauté de descendants de ces déportés, Rachid Sellal évoque des trajectoires peu communes, dont les descendants actuels qui se sont investis «dans le travail, le sport et la reconnaissance culturelle».
Il en fait le portrait enrichi de photographies inédites. Une communauté parfaitement intégrée, note l’auteur. Il reste maintenant à consolider le lien avec les familles d’Algérie... Calédoun est un livre passionnant, d’autant plus qu’il apporte un excellent éclairage sur une page sombre et souvent occultée de l’histoire. Le genre d’ouvrage à lire absolument.
Hocine Tamou

Rachid Sellal, Calédoun, Casbah-Editions, Alger 2013, 160 pages.

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jeudi 20 mars 2014 11:27


Silence, Massacres

 

 

Silence, on massacre les

 animaux dans le désert !

le 21.02.14   -  El Watan  -  Slim Sadki

 Gazelle des sables Gazelle des sables

Blog de mumus : mumus, Silence,Massacres

Beaucoup d’animaux désertiques sont systématiquement massacrés et plusieurs mammifères endémiques d’Afrique du Nord ont totalement disparu. Chronique nécrologique.

Un inventaire de la faune du désert établi dans la région de l’Ahaggar montre que sur les 37 espèces de mammifères identifiés, dont les plus grands, le guépard, le lynx caracal, l’hyène rayée, le mouflon, les gazelles et les antilopes et les gazelles, trois grandes espèces n’ont plus été revues depuis des décennies : les antilopes comme l’addax et l’oryx et la gazelle Dama. La gazelle des sables, la Rym, Gazella leptoceros, elle non plus n’est plus réapparue. A-t-elle trouvé refuge dans les ergs qu’elle affectionne ? Et la gazelle bien de chez nous, l’espèce endémique à l’Afrique du Nord, la gazelle du Cuvier, appelée aussi gazelle de montagne ou gazelle de l’Atlas, Edmi dans le langage vernaculaire, actuellement sauvagement pourchassée et décimée par les braconniers en tous genres assurés de l’impunité.

On la trouvait de part et d’autre de l’Atlas saharien et ce qu’il en reste s’est réfugié plus au sud. L’autre espèce de gazelle intensivement traquée est la gazelle des plateaux, la Gazelle dorcas, Sini en vernaculaire. C’était la plus répandue dans la steppe. Elle est systématiquement massacrée par les braconniers avec armes sophistiquées, voitures de terrain suréquipées assistés d’avions de reconnaissance ou simplement par épuisement de l’animal après une impitoyable course-poursuite. Leurs tableaux de chasse, qui circulent sur les réseaux sociaux, sont un véritable scandale et une insulte qui ne font réagir que les internautes. 

Princes

Autre grand massacre systématique d’animaux désertiques, celui de l’outarde houbara qui fait couler plus d’encre que les gazelles bien que sa condition, à déplorer également, est pire que celle des gazelles. On a très peu d’informations sur les prises faites par les princes du Golfe qui s’adonnent depuis plusieurs années, avec la protection de plus hautes autorités du pays, au braconnage de cette espèce protégée par les lois du pays et les conventions internationales. Les princes du Golfe sont les ennemis jurés de l’outarde. Avant le pétrole et son opulence, la chair de l’houbara remplaçait le maigre régime des bédouins qui peuplaient la péninsule arabique constituée essentiellement de lait, de pain et de dattes.

La fauconnerie pratiquée depuis 4000 ans en Europe et en Asie est tombée en désuétude, sauf pour une caste d’émirs qui la pratiquaient essentiellement pour sublimer le faucon Sacre, un trait de caractère de la culture bédouine. La chair de l’outarde importait peu pour ces sportifs. Puis vint la fauconnerie moderne des princes arabes impulsée par les énormes revenus engrangés par le pétrole. Les émirs immensément riches vont se payer de luxueuses voitures de terrain superéquipées, des équipements de télédétection perfectionnés, des jumelles et des longues-vues sophistiquées. Les 4x4 remplacent les chevaux, les caravanes climatisées les tentes. Les parties de chasse sont plus longues et rassemblent des centaines de personnes, sans compter les employés à leur service. On compte alors quelque 3000 fauconneries dans le Golfe persique, chaque prince a la sienne.

Colonnes de 4x4

Débute alors, à partir de 1975, un immense massacre. Des milliers d’outardes sont abattues chaque année de la Mongolie au Maroc. Dans ce pays, 30% des effectifs sont tués entre 1975 et 1985 ;  5000 individus en 1982 et 1983 au Baloutchistan (Iran-Pakistan). Au Pakistan, les princes arabes tuent jusqu’à 900 outardes par partie de chasse. Après avoir vidé aussi les plaines de l’Asie centrale, d’Iran, d’Afghanistan, les princes encore plus nombreux et plus riches se tournent vers l’Afrique du Nord. En quelques années, ils anéantissent les populations d’outarde tunisienne et s’attaquent à l’Algérie. Ils prennent leurs quartiers à El Bayadh, Biskra, Laghouat, Ghardaïa et Djelfa.

Des quartiers qu’ils se disputent âprement au point d’en venir aux armes comme ce fut le cas à El Bayadh. Avec l’aide et le soutien des autorités, des camps retranchés et superéquipés sont installés et les autochtones voient tournoyer dans le ciel leurs avions de reconnaissance, en plus des colonnes de 4x4 traverser la campagne. Les émirs saoudiens, qataris et des EAU promettent en échange des avantages économiques et financiers comme au Maroc et en Tunisie. Pour pallier leur dévastation, ils proposent l’introduction d’outarde d’élevage. Une expérience identique s’est soldée par un échec en 1986 avec des Saoudiens qui avaient été autorisés à prélever des œufs à El Bayadh pour un centre d’élevage qui a ouvert ses portes à Taief (La Mecque).

En 1996, face aux ravages commis dans la population de l’outarde houbara asiatique, se tient sous les auspices de l’UICN à Mascat (Oman) une réunion pour discuter d’un système de gestion (exploitation) et de conservation de l’espèce. Cala va donner naissance, en 1997, au NARC (Centre national de recherche d’Avain-Abou Dhabi) qui a relâché depuis 1000 outardes.

Restauration

En 1995, 20 ans après le déferlement des émirs braconniers, le royaume du Maroc crée le ECWP pour la restauration des populations d’outarde décimées. Officiellement, cet organisme émirati exporte plus de 5000 outardeaux vers le Moyen-Orient. Depuis la révolution du Jasmin, le président Marzouki est aux prises avec la société civile tunisienne qui l’interpelle sur les autorisations accordées aux princes du Golfe comme au temps de Ben Ali. L’outarde est une espèce rétive à la captivité et ne se reproduit en élevage que par insémination artificielle.

Donc manipulation et artificialisation du processus de reproduction. Ce que semblent ne pas savoir les autorités locales et nationales qui, à El Bayadh, ont fait la fête à 50 outardeaux rapportés des EUA contre l’attribution d’une parcelle de 400 ha pour la réalisation d’un centre d’élevage censé enrayer la disparition de l’espèce. Ce qu’on cache aux Algériens, c’est qu’on va remplacer l’espèce sauvage par une espèce domestique au seul bénéfice des faucons et de leurs heureux propriétaires.

Slim Sadki
 

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vendredi 14 mars 2014 22:04


Le langage des chameaux

 

 

 

 

Blog de ghadames : ghadames, Le Langage des Chameaux
J-P M dim. 02 mars 2014 13:55
Pour avoir vécu au Sahara algérien, pour en avoir rêvé, pour être retourné six fois en Algérie, pour avoir vécu longtemps en Tunisie et aimé passionnément le Sud et ses populations, pour tout l'humanisme, pour toute la beauté, pour tout l'amour qu'on trouve sur ce blog,  BRAVO et merci de rendre un peu plus belle notre Terre.
 
écrit par J-P M en commentaire sur l'article ci-après:
 
 
 
 
 

Le langage des chameaux

 

 baba : Impossible de lire ton dernier article sur le langage des chameaux dont seul le... Le voici dnc pour notre ami Baba

 

 Blog de ghadames : ghadames, Le langage des chameaux

 

 D'Alger à Adrar en passant par Biskra et Ghardaia,
Christine Oberdorff nous emmène sur la piste de
l'accès à l'eau, moderne et traditionnel, en Algérie.
Avec elle, nous parcourons le pays du nord au sud
sur plus de 2000 kilomètres avec une incursion dans
les entrailles du Sahara.
Le plus grand désert du monde
ne contient pas seulement du pétrole
mais l'une des plus grandes
réserves d'eau au monde !

 

Un jour, on demanda à un chameau :

             - Que préférez-vous ? La montée ou la descente ?

Et au chameau de  répondre :

             - Que Dieu les maudisse toutes les deux !

 

Blog de ghadames : ghadames, Le langage des chameaux 

 

"Le Langage des Chameaux"

 

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 Par Amawal

Pour les tribus de l'Aïr, le chameau n'est pas seulement un moyen de transport, c'est aussi un compagnon de route, et une source inépuisable de renseignements.
La vie dans le désert se trouve donc souvent conditionnée par le comportement des chameaux . Les nomades savent interpréter le moindre de leurs gestes, et certains même n'hésitent pas à dire que leur chameau leur parle.
Ainsi, par exemple, lorsque le matin de bonne heure, un chameau contourne le camp plusieurs fois et vient s'agenouiller en blatérant face à la tente de son maître, il annonce des étrangers.
 
 
 
 
Blog de ghadames : ghadames, Le langage des chameaux
 


 
Lorsqu'un chameau renifle l'air à l'est et garde cette position depuis l'autore jusqu'à une certaine heure de la matinée, il annonce l'orage.

Quand un chameau en rut ne veut pas aller avec ses femelles dans une direction donnée, c'est qu'il a senti la présence d'un autre troupeau avec un autre mâle, et cela dans un rayon d'une trentaine de kilomètres.
 
 
 
 
Blog de ghadames : ghadames, Le langage des chameaux
 
 
 
 
Pendant les transhumances, ce sont aussi les chameaux qui renseignent les éleveurs sur la localisation des pâturages et la présence de l'eau.

 
Lorsqu'un chameau de selle ne veut pas lever le cou et reste allongé pendant qu'on le harnache, il avertit son propriétaire qu'il va au-devant de problèmes, qu'il ferait mieux de renoncer à son voyage et de rester sous sa tente à boire du thé.
 
C'est de cette manière aussi que les nomades arrivent à échapper, grâce aux enseignements du comportement de leurs chameaux, à toutes sortes de tracasseries et de dangers ; ainsi au moindre signe, ils n'hésiteront pas à lever rapidement le camp, pour éviter les percepteurs d'impôts et les gardes forestiers, ou pour cacher les dépouilles des animaux sauvages illégalement capturés.
C'est sans doute ce qui explique l'attachement particulier que les populations de l'Aïr ont pour cet animal, une affection qui ne s'est pas démentie de nos jours, même à l'époque de l'automobile et du véhicule tous terrains
 
 

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dimanche 09 mars 2014 09:17


Juliette et l'Emir Abdelkader

 

 

Juliette et l'Emir ABDELKADER

 

Blog de mumus : mumus, Juliette et l'Emir Abdelkader
Couple d'Algériens - Années 1830

Petite histoire de la Grande Histoire

 

Blog de mumus : mumus, Juliette et l'Emir Abdelkader


Abd el-Kader ben Muhieddine, plus connu comme l'Emir Abdelkader, né le 6 septembre 1808 près de Mascara (Algérie) et mort le 26 mai 1883 à Damas (Syrie), est un homme politique et un chef militaire. Il résiste durant quinze ans (1832-1847) au corps expéditionnaire des troupes d'Afrique lors de sa conquête de l'Algérie par la France. Il est également un écrivain, poète, philosophe et théologien soufi.
Il est considéré, en Algérie, comme étant à l’origine de l’État algérien moderne et le symbole de la résistance algérienne contre le colonialisme et l'oppression française.  
 
 
L'Emir Abdelkader 
et Juliette



La femme de la smala
 
 
(La smala: réunion de tentes abritant
des familles et les équipages d’un chef arabe
qui l’accompagnent lors de ses déplacements.)
 
 
Dans la smala, sous la tente de l’Emir, il y avait bien sûr Zohra, la mère, femme savante et pieuse qui a joué un rôle prépondérant dans la vie de son quatrième fils, AbdelKader.
L’Histoire a aussi retenu de Lalla Zohra sa grande charité envers les prisonniers.L’Emir en avait eu depuis 1833 et lorsqu’il y avait des femmes, il y eut quelques unes, c’était toujours Lalla, en compagnie de l’épouse de l’Emir, qui les prenait en charge pour rendre, solidarité féminine naturelle, leur séjour le moins rude et protéger leur honneur en ce temps de violence.
Mais il y a une femme, Juliette, la chrétienne de la smala, qui n’était pas prisonnière mais qui n’a jamais voulu quitter l’Emir même lors de sa séquestration humiliante à Fort Lamalgue. 
 
 
Qui était Juliette ? 
 
 
Manudji, un contrebandier corse, fournissait l’Emir en armes et poudre. Cet homme sans foi ni loi, qui avait des comptoirs à Médéa, Tenès, Tagdempt… voyageait toujours avec sa suite, deux Espagnoles » ramassées » à Cadix ( Ah, Les Belles de Cadix ), Raphaël, un enfant recueilli à Gibraltar et…Juliette et sa mère, originaires d’Arles.
Lassé de son errance et fortune réalisée, il décida de s’établir à Miliana sous la protection de la garnison française mais c’était sans compter sur les hommes de l’Emir qui l’égorgent sur le chemin du refuge et recueillent la suite du scélérat à la smala.
" Juliette avait toute l’éloquence, toute la beauté, toute la distinction des plus belles filles d’Arles ".
 
 
 
 
 
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La Chrétienne avait juste seize ans à cette époque et portait, pour tout vêtement, une robe en coton blanc ajustée à la taille par un cordon de laine rouge. Ses jambes sont nues et ses jolis pieds sont cachés par des babouches jaunes.
Afin de la protéger, l’Emir, qui avait déjà trouvé époux pour les deux belles Espagnoles, la donna en mariage à son frère de lait Ahmed Mbarek.
Instruite de l’expérience de sa mère, rentrée en France, Juliette préféra rester internée, au Fort Lamalgue, aux côtés de son mari et de " l’Emir qui la nourrira et la fera respecter, car il l’aime comme si elle était sa fille, plutôt que d’aller ramasser…dans la débauche des carrefours, un peu d’or pour ne pas mourrir de faim . "   
par Dr ElHadj Abdelhamid
Sources: Documents d’AbdelKader. Marie d’AIRE
 
 

Réponse à commentaire:

Dr ElHadj Abdelhamid :Bonjour, Mme Claude B.
L’histoire de Juliette m’a fasciné, il y a là
matière à un petit roman inchallah.
C’est un hommage rendu
à la femme et à la grande compassion de l’Emir
devant le drame des femmes égarées sur les
fossés de la guerre.
L’Emir, un saint homme, a protégé les femmes.
Dans son  " Discours d’adieu " ,
Le Dernier Prophète, Que le Salut soit sur Lui
comme sur Ceux avant Lui,
nous avait averti :
"Malheur à celui qui fait injustice aux femmes !"






  
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vendredi 21 février 2014 09:46


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