Un ami disparu...


La Pomme de secours

 

 Blog de ghadames : momentdevie, La Pomme de secours

Pour une pomme...

Cette histoire anecdotique mais authentique se passe durant la guerre de libération.

Nous étions détenus par l'armée française dans la caserne de Miliana pour diverses accusations de participation à la lutte armée. Les uns attendaient les interrogatoires toujours musclés et la torture à l'électricité et l'eau, les autres étaient en instance de départ vers les prisons civiles, les autres encore pour un aller sans retour...

 Nous étions une trentaine dans notre cellule pour une geôle faite pour une quinzaine.
Ajoutez à cela un "repas" par jour, le soir, composé d'un "jus de chaussette" et d'un morceau de pain, généralement rassis. Il arrivait aussi que les militaires de service ne trouvaient pas la clef de notre cellule (il y avait un très grand nombre d'autres geôles) et passaient à la suivante, nous laissant sur notre faim.

Je ne sais comment une pomme avait échoué dans notre chambrée et nous étions tous d'accord pour la garder en prévision d'un coup dur pour l'un d'entre nous !
Un jour, on vint extraire de notre cellule Karahaçène Sadek pour interrogatoire. Durant toute son absence l'inquiétude était à son comble. Reviendra-t-il vivant? Si oui, dans quel état?  Que l'attente fut longue et les interrogations sans réponse !

Au bout d'une éternité nous sembla-t-il la porte de notre cellule s'ouvrit et on nous jeta notre compagnon. Tout le monde l'entoura et devant ses gémissements et son incapacité à parler, on pensa ... à la pomme réparatrice !
Il s'en saisit aussitôt et la dévora goulûement tout en nous offrant un sourire malicieux ! alors que nous bavions de ne pas être du festin...


 Blog de ghadames : momentdevie, La Pomme de secours

Et de nous dire à la fin de son "repas" :"Ils ne m'ont pas trop rudoyé et je vous ai joué la comédie du supplicié,uniquement pour croquer la pomme".

Bien joué ! Sacré Sadek ! notre pardon t'est acquis et que Dieu ait ton âme.

En souvenir de son père,mon ami, j'ai raconté à son fils, prof de lycée, cette histoire à arguments...si convaincants !
Nous étions en guerre et il fallait en employer ses ruses !

 Blog de mumus : mumus, Un ami disparu...

 Après tant et tant d’années,
j’en suis encore à me rappeler 
de cette pomme !

___________________________________________

Le coeur perçoit ce que l'oeil ne voit pas 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

mercredi 17 septembre 2014 10:43


L'Etranger

 

Voir aussi :http://ghadames.artblog.fr/1918771/Harraga/

Photo de CamusAlbert Camus, né le 7 novembre 1913 à Mondovi, près de Bône, en Algérie, et mort le 4 janvier 1960 à Villeblevin, dans l'Yonne, est un écrivain, philosophe,

Albert Camus.
«Aujourd'hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. J'ai reçu un télégramme de l'asile : "Mère décédée. Enterrement demain. Sentiments distingués." Cela ne veut rien dire. C'était peut-être hier.»  

L'étranger, Albert Camus

L'Étranger est classé à la 1re place du classement français établi en 1999 des 100 meilleurs livres du XXe siècle.

 Résumé de l'Etranger
Première partie

Meursault, le narrateur, est un jeune et modeste employé de bureau habitant Alger. Le récit commence le jour de la mort de sa mère. Au petit matin, il reçoit un télégramme de l'asile de vieillards de Marengo, situé à quatre-vingt kilomètres d'Alger lui annonçant son décès. Elle y séjournait depuis trois ans.
Meursault demande et obtient un congé de quarante huit heures et va déjeuner chez Céleste, un restaurant où il a l'habitude d'aller.
Vers deux heures de l'après-midi, il prend l'autobus. Il fait chaud, Meursault dort pendant presque tout le voyage. L'asile étant à deux kilomètres du village, Meursault termine le trajet à pied. Après les formalités, il a une entrevue avec le directeur de l'asile, qu'il écoute d'une oreille distraite. Ce dernier lui indique que sa mère n'était pas malheureuse à l'asile. Il lui annonce également que l'enterrement religieux est fixé au lendemain matin.
Puis Meursault se rend dans une salle blanchie à la chaux où se trouve entreposé le corps de sa mère mais il refuse de voir le corps . Il a une conversation avec le concierge. Cet homme bavard lui raconte sa vie et lui propose de dîner au réfectoire. Meursault, décline l'invitation. Le concierge lui offre alors un café au lait que Meursault accepte.
Puis a lieu la veillée, interminable : les amis de sa mère, tous semblables, y assistent. Ils s'installent autour du cercueil et laissent échapper des bruits bizarres de leurs bouches édentées. Une vieille femme pleure sans cesse. Meursault a la désagréable impression que ces vieillards sont là pour le juger.
Le jour se lève. Meursault admire la beauté de ce nouveau matin. Après une toilette rapide et un nouveau café au lait que lui a préparé le concierge, le narrateur se rend chez le directeur où il accomplit de nouvelles formalités administratives. Puis le cortège funèbre se rend vers l'église du village, située à trois quarts d'heure de marche. Un vieillard suit péniblement le cortège, il s'agit de Thomas Pérez, un compagnon d'asile de la mère de Meursault. les voisins se moquaient d'eux en les appelant "les fiancés". La chaleur est insoutenable. L'enterrement défile comme un songe dans l'esprit de Meursault : l'église, le cimetière, l'évanouissement du vieux Pérez, l'attente, puis la joie quand l'autobus le ramène enfin à Alger.
Meursault a enterré sa mère sans larmes et n'a pas voulu simuler un chagrin qu’il n’éprouvait pas.

A son réveil , le samedi, Meursault essaye de comprendre le mécontentement de son patron : deux jours de congé pour l'enterrement de sa mère , puis les deux jours de week-end, cela fait quatre jours d'absence. Désœuvré, Il décide d'aller se baigner au port. Il y rencontre par hasard Marie Cardona, une ancienne dactylo de son bureau dont il avait "eu envie à l'époque". Ils nagent, s'amusent dans l'eau. Leurs corps s'effleurent. Puis ils s'endorment ensemble sur une bouée, Meursault posant sa tête sur le ventre de Marie. Quand ils se rhabillent, Marie découvre , en voyant sa cravate noire, que Meursault est en deuil. Elle montre sa surprise lorsqu'elle apprend qu'il a perdu sa mère la veille. Le soir, ils vont au cinéma voir un film de Fernandel. Pendant la séance il lui caresse les seins et l'embrasse. Ils passent la nuit ensemble. Le dimanche matin elle part avant son réveil. Meursault reste au lit toute la matinée à fumer des cigarettes. Le midi il fait cuire des œufs et les mange à même le plat. Désœuvré, il passe tout l’après-midi à son balcon, et observe les allées et venues des gens de son quartier. Le soir, "j'ai pensé que c'était toujours un dimanche de tiré, que maman était maintenant enterrée, que j'allais reprendre mon travail et que, somme toute, il n'y avait rien de changé".

Le lundi, Meursault retourne au bureau. Après une matinée banale, il déjeune comme d'habitude chez Céleste avec son collègue Emmanuel. Puis sieste chez lui, et retour au bureau en tram, où il travaille "tout l'après-midi"; le soir, le plaisir simple de rentrer chez lui en marchant le long des quais.
Dans l'escalier de son immeuble, Meursault rencontre le vieux Salamano, son voisin de palier, accompagné de son chien, un épagneul couvert de croûtes, qui ne le quitte pas, et qu'il injurie ; cela fait huit ans que Meursault assiste quotidiennement à cette scène immuable. Puis dès qu'il a quitté Salamano, son autre voisin de palier, Raymond Sintès, l'invite à venir "manger un morceau" avec lui ; soupçonné d'être un souteneur, ce voisin a mauvaise réputation. il porte ce soir-là un pansement à la main : il s'est fait blesser au cours d'une rixe dont il fait le récit . Raymond Sintès se confie à Meursault : l'homme avec qui il s'est battu est le frère d'une femme qu'il "entretient ", et qu'il veut punir parce qu'il s'est aperçu " qu'il y avait de la "tromperie". il veut lui écrire une lettre, pour la faire revenir, et ensuite l'humilier. Il demande à Meursault de rédiger cette lettre et ainsi l'aider à réaliser sa vengeance . Meursault l'écrit. Raymond est satisfait et reconnaissant : "Maintenant, tu es un vrai copain".

La semaine s'achève. Meursault a bien travaillé. C'est samedi, il retrouve Marie. Ils prennent le bus pour aller à la plage située à quelques kilomètres d'Alger. Le soleil ; l'eau, le goût du sel, et les jeux amoureux dans les vagues : " Sa langue rafraîchissait mes lèvres et nous nous sommes roulés dans les vagues pendant un moment." Tous deux reviennent chez Meursault : "J'avais laissé ma fenêtre ouverte et c'était bon de sentir la nuit d'été couler sur nos corps bruns".

Le dimanche matin, Marie est restée. Elle souhaite savoir si Meursault l'aime ? Il lui " a répondu que cela ne voulait rien dire, mais qu'il (lui) semblait que non." Marie a eu l'air triste, puis la bonne humeur est revenue. C'est à ce moment-là, qu'ils entendent les bruits d'une dispute chez Raymond ; celui-ci frappe une femme en l'injuriant. Meursault et marie sortent sur le palier. L'arrivée d'un agent met fin à la dispute. La fille accuse Raymond d'être un souteneur, ce qui lui vaut d'être convoqué au commissariat.

Après le départ de Marie, vers 13 heures, Meursault dort une peu. Puis Raymond vient le voir. Il est heureux de sa vengeance et lui demande de venir témoigner. Meursault accepte. Ils sortent ensemble l'après-midi. Meursault trouve que "c'est un bon moment". À leur retour, ils trouvent Salamano sans son chien. Le vieil homme est complètement désemparé et leur explique comment celui-ci s'est sauvé. Les deux hommes le rassurent et lui indiquent que le chien a pu s'égarer, mais qu'il allait revenir.

Le soir, Salamano vient rendre visite à Meursault,. "Puis il m'a dit : "Bonsoir". Il a fermé sa porte et je l'ai entendu aller et venir. Son lit a craqué. Et au bizarre petit bruit qui a traversé la cloison, j'ai compris qu'il pleurait. Je ne sais pas pourquoi j'ai pensé à maman".

Meursault est au bureau et Raymond l'appelle pour les inviter lui et Marie à passer le dimanche suivant chez un ami, dans un cabanon au bord de mer, près d'Alger. Raymond lui indique aussi que toute la journée un groupe d'Arabes l'a suivi, parmi lesquels se trouvait le frère de son ancienne maîtresse.

Peu après le patron de Meursault le convoque. Il propose de l'envoyer à Paris où il envisage de créer une agence. Meursault montre peu d'enthousiasme et son patron lui reproche son indifférence et son manque d'ambition.

Le soir Marie vient chercher Meursault et lui demande s'il veut se marier avec elle. Meursault lui explique que cela n'a aucune importance et que si elle désire ils peuvent très bien se marier. Puis les deux amants se séparent car Marie " avait à faire".

Dîner chez Céleste, à la même table qu'une petite femme affairée qui a un comportement d'automate. De retour chez lui, sur le pas de la porte, Meursault retrouve Salamano, qui lui annonce que son chien est définitivement perdu. Ils évoquent le chien, puis Salamano parle de sa jeunesse, de son ambition d'alors, de sa femme et de chien qu'il avait acquis à la mort de celle-ci. Puis il évoque la mère de Meursault : dans le quartier, on l'a mal jugé quand il l'a mise à l'asile, mais lui, Salamano, connaissait bien Meursault et il savait qu'il aimait beaucoup sa mère. Pour la première fois depuis qu'ils se connaissaient, les deux hommes échangent une poignée de main.

Le dimanche. Marie appelle Meursault et le réveille. Ils frappent ensuite à la porte de Raymond. La veille, Meursault a témoigné au commissariat que la fille avait "manqué" à Raymond. Marie est heureuse de passer la journée au bord de la mer avec Meursault. Au moment où ils vont prendre l'autobus, Raymond aperçoit sur le trottoir d'en face un groupe d'Arabes ( dont le "type" de Raymond) qui les regardent . Ils prennent l'autobus pour se rendre chez l'ami de Raymond, Masson, un grand gaillard sympathique. C'est en plaisantant qu'ils arrivent au cabanon de Masson, situé à l'extrémité de la plage. Il attend ses invités en compagnie de sa femme, une "petite femme ronde à l'accent parisien". Masson , Meursault et Marie partent se baigner. Meursault et Marie nagent ensemble ( " nous nous sentions d'accord dans nos gestes et dans notre consentement") puis s'allongent au soleil. Le déjeuner est arrosé, il est encore tôt et l'éclat du soleil sur la mer est insoutenable. Pendant que Marie aide Mme Masson à faire la vaisselle, Meursault, Raymond et Masson vont se promener sur la plage. Tout au bout, ils aperçoivent soudain deux Arabes. "C'est lui", dit Raymond reconnaissant son adversaire. Raymond frappe " son type" et Masson s'occupe de l'autre. Meursault ne prend pas part à la bagarre. L'un des Arabes a tiré un couteau, Raymond est blessé, sans gravité. Il part se faire soigner chez un médecin . Meursault, lui , reste avec les femmes. A son retour, vers une heure et demie, Raymond retourne sur la plage, Meursault l'accompagne. Les deux Arabes sont encore là, allongés près d'une source. Raymond provoque son adversaire mais Meursault , par précaution, l'oblige à lui remettre son revolver. Les deux Arabes se retirent tranquillement. La chaleur est insoutenable. A peine de retour au cabanon, Meursault éprouve le besoin de revenir se promener sur la plage, et il se dirige vers le coin ombragé de la source pour y trouver un peu de fraîcheur. Le "type" de Raymond est revenu. Du fait du soleil écrasant, Meursault va vivre la suite des événements dans une espèce de semi-conscience ; il serre le revolver de Raymond dans sa poche, envisage de faire demi-tour, mais sent la plage "vibrante de soleil" qui se presse derrière lui ; l'Arabe tire son couteau, la lumière gicle sur l'acier ; les yeux aveuglés de sueur, la main de Meursault se crispe sur le revolver, le coup part. "C'est là, dans le bruit à la fois sec et assourdissant, que tout a commencé. J'ai secoué la sueur et le soleil. J'ai compris que j'avais détruit l'équilibre du jour, le silence exceptionnel d'une plage où j'avais été heureux. Alors, j'ai tiré encore quatre fois sur un corps inerte où les balles s'enfonçaient sans qu'il y parût. Et c'était comme quatre coups brefs que je frappais sur la porte du malheur". 

Blog de ghadames : ghadames, L'Etranger

Albert Camus, Prix Nobel de Littérature (1913-196)  Anna Rivière :
La mère de Monsieur Albert Camus
était femme de ménage.
Elle a fait de son fils un prix Nobel !
On peut comprendre l'Amour qi'il lui a porté.

Deuxième partie

Meursault est arrêté et subit plusieurs interrogatoires au commissariat, puis chez le juge d'instruction. Trouvant son affaire " très simple" Meursault ne juge pas utile de prendre un avocat. On lui en désigne un d'office. Il questionne Meursault sur sa mère et les sentiments qu'il avait pour elle. Les propos à la fois sincères et naïfs de Meursault gênent son avocat. Nouvel interrogatoire chez le juge. Il lui demande lui aussi s'il aimait sa mère. Il souhaiterait également comprendre pourquoi il a attendu entre le premier et les quatre autres coups de feu. Meursault ne manifeste aucun regret, et reste muet. Le juge, lui, est fébrile. Il invoque Dieu et le Christ et brandit un crucifix. . L'instruction, va durer onze mois. Maintenant que l'avocat y assiste , Meursault a l'impression d'en être un peu exclus " Le juge discutait des charges avec mon avocat. Mais en vérité, ils ne s'occupaient jamais de moi en ces moments-là".

Le jour de son arrestation, Meursault se retrouve enfermé avec d'autres prisonniers. Puis très vite, il se retrouve seul dans une cellule. De sa fenêtre, il peut voir la mer. Visite de Marie au parloir. Le bruit des autres conversations de prisonniers couvre les paroles de Marie. Meursault a du mal à se concentrer . Il ne lui répond que par des monosyllabes. Pourtant , il aimerait tant la prendre dans ses bras.

Puis Marie lui envoie une lettre, ce sera l'unique. Meursault souffre au début de cette privation de liberté . La mer lui manque, il a envie de cigarettes, il a des désirs de femme. Puis il s'habitue peu à peu aux privations et ne se trouve "pas trop malheureux". Pour tuer le temps dans sa cellule : il dort, il lit, il songe à ses souvenirs, et lit et relit un fait divers trouvé par hasard sur un vieux morceau de journal sous son matelas. Un soir il se regarde dans le miroir de sa gamelle : " Il m'a semblé que mon image restait sérieux, alors même que j'essayais de lui sourire."

Le procès aux assises a lieu en juin. "Les débats se sont ouverts avec, au dehors, tout le plein de soleil." .Le matin, Meursault se confie à un gendarme et lui avoue l'intérêt qu'il éprouve à assister à un procès. Il n'a jamais eu l'occasion d'y participer. La salle du tribunal est bondée. On se presse pour le voir. Meursault découvre l'assistance depuis son box d'accusé . il y a les jurés alignés comme sur une banquette de tramway, les journalistes, la cour, les témoins. Les rires, la fébrilité qui règne dans cette salle, et les conversations semblent l'exclure : il se sent de trop.

Entrée de la cour. La séance débute par des questions administratives, puis c'est l'énoncé des faits. Le président interroge Meursault sur sa mère, sur le meurtre de l'Arabe. Les témoins défilent les uns après les autres : le directeur de l'asile, le concierge, Thomas Perez. Le tribunal apprend que Meursault n'a pas pleuré à l'enterrement de sa mère, qu'il a refusé de la voir une dernière fois, et qu'il a fumé dans la morgue. La salle est déconcertée, le procureur, lui, savoure sa victoire. Céleste, vient à la barre et peut juste confier que ce qui arrive à Meursault est un "malheur" ; il ne peut en dire plus. Harcelée par le procureur, Marie avoue que sa "liaison irrégulière" avec Meursault date du lendemain de l'enterrement, et qu'ils sont allés le soir même de leur rencontre voir un film de Fernandel. Puis elle craque, parce " qu'on la forçait à dire le contraire de ce qu'elle pensait." Le procureur en conclut "que le lendemain de la mort de sa mère, cet homme prenait des bains, commençait une liaison irrégulière et allait rire devant un film comique." Le tribunal accorde ensuite peu d'attention aux témoignages de Masson et de Salamano . Puis l'avocat général révèle à la cour que Raymond est un "souteneur" ; Meursault a écrit la lettre qui est à l'origine du drame, il a fourni un témoignage de complaisance en faveur de Raymond : ces deux hommes sont complices, et le crime de Meursault est évidemment un crime crapuleux. Les derniers propos du procureur sont accablants : "J'accuse cet homme d'avoir enterré sa mère avec un cœur de criminel". L'avocat proteste. A la réaction de son avocat, Meursault comprend que le procès tourne mal. Puis l'audience est levée, Meursault regagne sa cellule.

Meursault se sent exclu de ce procès, aussi bien des plaidoiries de son avocat que celles du procureur. Il assiste au procès comme s'il y était étranger. On parle de lui, mais sans jamais lui demander son avis. Quelques points cependant éveillent son intérêt. Ainsi le procureur qui l'accuse d'avoir prémédité son crime. :l'indifférence qu'il a manifesté à la mort de sa mère prouve son "insensibilité" . Le procureur va même jusqu'à assimiler son crime à celui du parricide qui sera jugé le lendemain : Meursault est un monstre, qui n'a "rien à faire avec une société" dont il méconnaît "les règles les plus essentielles". Emporté par sa démonstration, le procureur réclame la tête de l'accusé. Le président demande ensuite à Meursault s'il souhaite apporter un commentaire. Pour la première fois, l'accusé demande la parole. Il indique qu'il n'avait pas l'intention de tuer l'arabe et que ce crime a eu lieu à cause du soleil. Il prend conscience du ridicule de la situation : la salle éclate de rire.

L'avocat plaide les circonstances atténuantes. Il vante les qualités morales de Meursault. Mais celui-ci est ailleurs, il ne l'écoute plus ; sa vie lui revient en mémoire. Il éprouve une grande lassitude. Puis on s'empresse autour de son avocat pour le féliciter. Pendant les délibérations ce dernier se montre confiant, il croit en un verdict favorable. Une longue attente, un brouhaha, le silence de la salle, enfin le président fait lecture de la condamnation : Meursault aura "la tête tranchée sur une place publique au nom du peuple français".

Meursault refuse pour la troisième fois de voir l'aumônier. Il pense au "mécanisme implacable" qui le conduira à la mort, à ses chances de s'y soustraire. Apprendre qu'une seule fois, la roue s'est arrêtée, que le condamné à mort est parvenu à s'échapper, lui suffirait : " mon cœur aurait fait le reste". Il se souvient de son père qui avait assisté à une exécution capitale. Lui s'il était libre, il irait assister à toutes. Il pense à tous éléments de la mise en scène : la guillotine, l'aube ... Meursault sait que c'est à l'aube que les bourreaux viendront le chercher. Lorsque le matin arrive, il sait qu'il a gagné un jour de sursis supplémentaire. Il lui arrive même de songer à l'éventualité d'une grâce. Cette pensée le remplit d'une joie insensée.

Meursault pense à Marie, qui a cessé de lui écrire, quand l'aumônier pénètre dans sa cellule. La conversation s'engage entre les deux hommes. Les paroles de douceur et d’espoir de l'aumônier mettent Meursault hors de lui. L'aumônier insiste pour que Meursault se repente, mais le condamné à mort lui répond qu'il ne sait même pas ce qu'est le péché. En le quittant l'aumônier indique à Meursault son intention de prier pour lui. Meursault se précipite sur l’aumônier, le saisit au collet et l’insulte. Après son départ, Meursault retrouve le calme et se laisse transporter par la nuit estivale : "Devant cette nuit chargée de signes et d’étoiles, je m’ouvrais pour la première fois à la tendre indifférence du monde. De l’éprouver si pareil à moi, si fraternel enfin, j’ai senti que j’avais été heureux, et que je l’étais encore. Pour que tout soit consommé, pour que je me sente moins seul, il me restait à souhaiter qu’il y ait beaucoup de spectateurs le jour de mon exécution et qu’ils m’accueillent avec des cris de haine".

 

___________________________________________

Le coeur perçoit ce que l'oeil ne voit pas 

samedi 06 septembre 2014 10:49


A Vava Inouva

 

 

Histoire d'une chanson

A Vava Inova (Mon Petit Papa)

Je t'en prie père Inouba ouvre-moi la porte
O fille Ghriba fais tinter tes bracelets
Je crains l'ogre de la forêt père Inouba
O fille Ghriba je le crains aussi.

Le vieux enroulé dans son burnous
A l'écart se chauffe
Son fils soucieux de gagne pain
Passe en revue les jours du lendemain
La bru derrière le métier à tisser
Sans cesse remonte les tendeurs
Les enfants autour de la vieille
S'instruisent des choses d'antan

La neige s'est entassée contre la porte
L'"ihlulen" bout dans la marmite
La tajmaât rêve déjà au printemps
La lune et les étoiles demeurent claustrées
La bûche de chêne remplace les claies
La famille rassemblée
Prête l'oreille au conte

Blog de mumus : mumus, Avava Inouva

    " En ce qui concerne "Vava inouva", il s'agit d'un texte qui raconte
l'atmosphère et le mode de transmission de notre culture ancestrale au sein du foyer montagnard de Kabylie. Les deux couplets dressent une espèce de diptyque hivernal où le premier tableau présente ces portes qui s'ouvrent sur un mur de neige, cet agora (lieu de rencontre des villageois) vide qui rêve du printemps et ces étoiles qui se sont retirées (derrière les nuages).
Le second tableau présente l'intérieur du foyer. Réunis autour du feu, chaque membre joue un rôle déterminé.
La doyenne qui transmet le savoir ancestral aux petits enfants.
Le doyen qui écoute et qui peut intervenir éventuellement pour apporter une précision qui s'impose.
Le fils préoccupé par le pain quotidien de la famille, son épouse (la bru) qui, derrière son métier à tisser, enregistre les enseignements de sa mère qu'elle aura à transmettre plus tard.
Quant au refrain de la chanson, il est tiré d'un conte pan-berbère et illustre le type de savoir transmis.
    Un jour Idir est venu me voir pour m'exposer son projet de reprendre la musique qu'il a enrichie et le refrain de ce conte de "Vava inouva". L'idée m'a tellement émerveillé que j'aurais pu écrire le texte immédiatement.
Mais un  autre événement marquant est revenu à mon esprit. Quelques jours auparavant, j'avais assisté au Centre Culturel Français, à une conférence de Jean Divignaud.
Cet éminent sociologue nous a parlé de son expérience à Chebika, ce petit village situé à la frontière algéro-tunisienne et dont la seule activité économique était la taille de la pierre. De ce fait, tous les jeunes du village vivent avec l'espoir de quitter un jour ce "trou" pour un monde plus ouvert et plus clément.
    A la fin de sa mission, Duvignaud qui avait sympathisé avec la
population, demande à celle-ci de faire revivre devant une caméra certains de leurs éléments culturels. En plus, il propose une rémunération. Pour sa part, cette population ne savait même pas qu'elle avait des valeurs culturelles. Elle savait encore moins, que celles-ci pouvaient être sources de revenus.
Elles ont donc plutôt accepté de faire plaisir à leur hôte.
Mais quand l'équipe cinématographique a débarqué dans ce village paumé, avec son impressionnant matériel, les interrogations ont commencé à tarauder les esprits. Tout ce monde qui vient de France et tout ce matériel ont été déplacés jusque-là pour eux, pour quelques éléments de leur culture. Il y a de quoi susciter des questions.
    Après le tournage, le retour en France pour le développement et le montage, Duvignaud est retourné à Chebika pour montrer le film à ces "acteurs", de nouvelles idées ont fait leur chemin. C'est ainsi qu'après la projection, des villageois sont revenus voir Duvignaud pour lui proposer d'autres éléments culturels non plus pour gagner un peu d'argent, mais pour affirmer cette personnalité culturelle qu'ils venaient enfin de découvrir.Car entre la fin du tournage et la projection, cette population a enfin eu ce regard introspectif qui lui a manqué jusque-là.
    Et c'est dans cet esprit que le texte a été fait. Il répondait à un
double besoin d'authenticité et de modernité."

BEN MOHAMED

___________________________________________

Le coeur perçoit ce que l'oeil ne voit pas 

dimanche 31 août 2014 12:39


Délicieux Couscous...

 

Héritage : Le couscous
                              par les papilles 
                                                et les neurones
 
   
Le dernier Festival national de la création féminine a mis à l’honneur le plat qui fait indubitablement l’identité culinaire maghrébine : le couscous. En effet, le Maghreb commence et se termine là où l’on mange ce grain roulé, comme le notait déjà Ibn Khaldoun. Quoi de plus naturel donc que de célébrer cet élément incontournable de notre culture.

Le couscous fait tellement partie du vécu quotidien, ou du moins hebdomadaire, de chaque Algérien que nous en oublions de creuser le masque de l’évidence pour découvrir la richesse de ce patrimoine culturel. D’ailleurs, ne désigne-t-on pas ce plat par les génériques taâm, naâma ou ‘aïch qui signifient tous «nourriture» ? Hamida Agsous, commissaire du festival, n’hésite pas à parler de «coup de génie» pour évoquer cette hypothétique première femme qui a pensé à «mélanger 2/3 de semoule de blé dur avec de l’eau salée et 1/3 de farine, puis à rouler ces éléments dans un grand plat de terre ou de bois (guessaâ ou djefna) pour obtenir des graines de 1 mm environ après plusieurs passages à travers différents tamis». Ajoutez à cela la cuisson à la vapeur, autre coup de génie, et vous obtenez le couscous.

Ce festival a permis d’entrevoir des dimensions insoupçonnées de notre plat national grâce aux différentes approches abordées. Très bonne surprise en ouverture du catalogue avec des extraits d’un ouvrage à paraître du sociologue Rachid Sidi Boumediène sur l’art culinaire algérien où il esquisse une typologie et une hiérarchie des couscous, du repas familial aux mets des grandes occasions. A chaque occasion son couscous et il serait impensable, par exemple, de le servir sans viandes à des invités de marque. C’est d’ailleurs l’argument d’un conte berbère, immortalisé par Taous Amrouche dans son célèbre recueil, Le Grain magique, où une malheureuse est amenée à égorger son fils pour le servir aux invités !

En visitant les salles du Bastion 23, embaumant des spécialités de toutes les régions, c’est un véritable voyage gustatif que proposait le Festival de la création féminine durant une semaine. Du couscous au mérou de Jijel à la seffa de Tlemcen en passant par les «s’rayer» de Ouargla, ce fut véritablement le festival du palais au Palais des Raïs. L’Algérie a, semble-t-il, cet avantage géographique de la centralité qui lui permet de rassembler des recettes qu’on retrouve dans l’ensemble du Maghreb, ajoutées évidemment aux préparations qui lui sont propres. C’est, en tout cas, la thèse défendue par Houria Cherid, directrice du Musée national des antiquités d’Alger, dans sa conférence où elle a détaillé par le menu les particularités régionales ainsi que les références historiques et archéologiques du couscous. Il serait hasardeux de trancher la question de l’origine du couscous mais son histoire est très fortement liée à celle de l’Afrique du Nord.

Dès le règne de Massinissa, des traces d’ustensiles attestent de la présence de ce plat. La Numidie étant le «grenier à blé de Rome», les ingrédients étaient bien là pour rouler le fameux grain. Plus tard, les auteurs arabes témoigneront largement, et souvent avec admiration, de cette spécificité maghrébine. Certes, avec les aléas de la vie moderne, la tradition du roulage se perd parmi les femmes algériennes d’aujourd’hui, mais sa consommation reste au beau fixe. Pour éviter le couscous fabriqué à la machine, le grain roulé se vend désormais en sachets, en partie grâce à Sid Ali Lahlou. Cet entrepreneur de Tizi Ouzou a su adapter la tradition ancestrale aux nouveaux comportements des consommateurs. Mais pas question pour cet homme qui a appris à rouler le couscous auprès de sa mère, de faire dans l’industriel. La préparation reste à l’ancienne. Toutefois, Lahlou n’hésite pas à explorer d’autres voies comme le couscous à base de riz, de gland ou encore de maïs (tel qu’il se consomme, d’ailleurs, au Brésil).

Le couscous est, aujourd’hui, apprécié aux quatre  coins du monde grâce, notamment, au talent des  cuisiniers maghrébins. Ce destin international du  couscous ne date pas d’hier. En effet, de l’autre côté de la Méditerranée, en Sicile, la préparation du couscous est une tradition séculaire. C’est ce que nous avons découvert avec la passionnante conférence de Marilù Terrasi. Diplômée de philosophie, elle se consacre actuellement, avec son restaurant et ses nombreux ateliers, à la promotion de la tradition «couscoussière» en Sicile et dans toute l’Italie. Elle n’abandonne pas pour autant son penchant littéraire en collectant les poèmes et autres expressions de circonstance liées à l’Incocciata (préparation du couscous), véritable art populaire, affirme-t-elle. Elle nous apprend que la culture du couscous est tellement implantée dans la province de Trapani, et plus précisément à San Vito lo Capo où elle gère son restaurant, que les maçons en sont arrivés à donner son nom à un ciment d’une texture similaire. Ce plat est décidément le ciment du bassin méditerranéen ! L’implantation du couscous en Sicile remonte à la présence arabo-musulmane (qui, faut-il le rappeler, était aussi et surtout maghrébine).

Ce mets, qui peut littéralement se préparer à toutes les sauces, a rapidement conquis les Siciliens. Amateurs de pêche, ces derniers le préparent accompagné le plus souvent de produits de la mer. Le cuscusu se déguste habituellement avec du rouget mais il peut également s’accommoder d’escargots, de sanglier ou même d’algues ! Il existe également un équivalent sicilien du berkoukes (couscous à gros grain mélangé de farine) appelé frascatoli, servi avec de la soupe de poisson. Bref, le couscous est chez lui au pays des pâtes. Pour preuve, la province de Trapani accueille chaque année le seul et unique Festival international du couscous ! Le couscous est aussi ce plat rassembleur par excellence qui, dit-on, peut nourrir tout un village par sa baraka. C’est cette symbolique qu’explorera brillamment notre consœur Leïla Boukli Hacene Tani dans une conférence intitulée «Le plat du partage», inspiré de l’ouvrage éponyme paru en deux volumes à l’occasion de l’Année de l’Algérie en France. C’est une approche quelque peu anthropologique qu’elle emprunte, rappelant l’omniprésence de ce plat dans les sociétés maghrébines, de la naissance à la mort en passant par les mariages. Le grain est évidemment signe de fertilité et la conférencière décèle même dans le mouvement circulaire du roulage une dimension cosmique. Anthropologie certes mais anthropologie amoureuse teintée, à l’occasion, de nostalgie. En effet, Mme Boukli citera quelques-unes des belles plumes ayant contribué à son ouvrage pour dire leur vécu du couscous. Elle se remémore elle-même : «Je revois ma mère assise sur une peau de mouton, la guessaâ en bois entre ses jambes écartées. Ma mère chantait toujours quand elle préparait le couscous. La marmite en terre chantait aussi dans l’âtre. Quand la couscoussière dégageait les dernières vapeurs, elle la renversait sur le plat en bois. Elle nous appelait nous, les filles, pour mettre notre visage au-dessus pour avoir un joli teint…». Mme Boukli avance que la cuisine est certes un lien avec la mère mais que le goût, comme le nom, se transmet par le père.

Preuve par l’exemple : elle se rappellera comment sa mère andalouse a appris à rouler le couscous auprès de la famille tlemcénienne de son père. Plus largement, elle note que cette spécialité berbère a la particularité de dépasser les clivages sociaux. Du frugal couscous aux glands des villages isolés durant la guerre d’Algérie à l’opulent couscous des grands restaurants, c’est le même grain qui fait la joie du riche comme du pauvre et c’est là une des fortes symboliques de ce plat du partage. Par ses rites, ses valeurs et sa transmission dans le temps, le couscous procure à l’Algérien, comme à tout maghrébin, un sentiment de continuité et d’appartenance à une communauté qui apporte son génie à celui des peuples et des nations. C’est là, la définition presque littérale du patrimoine culturel immatériel selon l’Unesco.Qu’attendons-nous donc pour le classer ?
 
Walid Bouchakour

Couscous aux légumes

Délicieux...  Les légumes y sont imprégnés des épices spécifiques au couscous et qui font la richesse de ce plat. Epices qui éveillent les sens et réchauffent les coeurs !! Sans parler de la graine, tendre et discrète, qui est en vérité le pilier du plat. Et aussi,la tendre viande d'agneau.On pourra le manger avec les doigts si la fourchette rompt la spontaneité et le naturel que ce plat inspire.

Les différents couscous préparés en Algérie:


Coucous aux légumes (le classique).



Il s'agit du couscous le plus répandu.
Ce couscous est accompagné d'un bouillon de légumes et de viande.
Ce bouillon peut être rouge ou blanc.
Les légumes varient selon les régions où il est préparé.


Couscous d'orge au glands de chêne (Jijel)

Blog de mumus : mumus, Délicieux Couscous...

Le couscous d'orge (ch3ir) aux glands de chêne (baloute) pilé est un plat très apprécié dans la région de Jijel.
Les glands de chêne vont lui donner un goût très particulier ainsi que sa couleur marron.
Ainsi il est communément appelé couscous noir (seksou dekhel).


Couscous à la lavande sauvage (bel halhal) (Miliana, Alger, Blida, Cherchell...)

Blog de mumus : mumus, Délicieux Couscous...

Un couscous préparé à l'occasion de la venue du printemps à base de lavande sauvage, plante à laquelle on attribue de nombreuses vertus.
Il est considéré comme un plat remède.
On ajoute du sucre à ce plat pour masquer un peu le goût amer du halhal.



Couscous "ouchou isafar" (Ghardaïa)

Un couscous de couleur verte due aux plantes aromatiques utilisées pour rouler le grain de couscous.
Il s’agit notamment de feuilles d’eucalyptus et de menthe séchées et réduites en poudre et mélangées à la semoule


Couscous au poisson.

Blog de mumus : mumus, Délicieux Couscous...

Préparé généralement avec du mérou.
Certains le préparent même avec des sardines.



Couscous maamar (Mostaghanem)

Blog de mumus : mumus, Délicieux Couscous...

Sa particularité: El Maamar qui est une farce à base de viande de boeuf hachée.


Couscous à la sauce safranée et pimentée (Tlemcen)

Blog de mumus : mumus, Délicieux Couscous... 


Le couscous ou mesfouf salé aux légumes (Kabylie).



Un couscous aux légumes (haricots, petits pois, courgettes et carottes etc...)
Agrémenté d'huile d'olive et servi avec du lben ou du raïb.


Le mesfouf (variante de couscous sucré).

Mesfouf sucré aux raisins secs.



Mesfouf aux dattes.



C'est souvent un plat que l'on retrouve au moment du s'hour pendant le mois de Ramadhan.




 
On dit que la sauce du couscous de l'est algérien est rouge comme le lever du soleil.
La sauce du centre est blanche comme le soleil à son zénith (à midi).
La sauce de l'ouest est jaune-orange (safran) comme le coucher du soleil.
 

___________________________________________

Le coeur perçoit ce que l'oeil ne voit pas 

 

samedi 14 juin 2014 15:44


moi, le vilain de la famille

 

 

Blog de mumus : mumus, moi, le vilain

On se souvient tous de l'histoire du vilain petit canard qui naît différent de ses frères. Il se fait malmener par le reste du groupe, puis carrément chassé de la basse-cour.
Selon les spécialistes, ce phénomène a été observé chez les êtres humains et qualifié de syndrome du «vilain petit canard».                 Il s'agit d'un de rejet et d'exclusion dont a été victime un cygne qui a grandi malgré lui dans une famille de canards. C'est une petite histoire, selon laquelle un œuf perdu s'est retrouvé accidentellement dans le nid d'une cane. Après éclosion, on découvre un «vilain petit canard» qui ne ressemble pas à ses frères, lequel est en réalité un cygne. Alors la galère commence...                                             Cela explique l'origine de ce qualificatif lourd de sens, mais également de conséquences. C'est un phénomène qui existe depuis longtemps. Il remet en cause l'appartenance à un groupe. La différence physique flagrante d'un enfant, quel que soit son degré, sera vécue par les parents comme un handicap futur. Elle provoquera dans une famille des agressions verbales et même physiques répétées qui aboutissent généralement au rejet. La victime cherche toujours à fuir par peur mais aussi pour être à l'abri des moqueries et des jugements. Pour elle, tant qu'elle est différente physiquement. Le phénomène du vilain petit canard s'observe également dans le milieu professionnel, à l'école et entre amis.

 Blog de mumus : mumus, moi, le vilain

Moi le vilain petit canard

Ecartés, méprisés, humiliés, rejetés, les «vilains petits canards» gardent de mauvais souvenirs de leur enfance. Que ce soit dans leur milieu familial ou scolaire, ces souffre-douleurs n’étaient pas en odeur de sainteté. Mis en quarantaine, moqués et raillés, ils ont payé cher leur «différence». Stigmatisés, ils ont beaucoup souffert avant de prendre leur revanche.

Blog de mumus : mumus, moi, le vilain

Zahida, 37 ans
Un physique ingrat est souvent lourd à porter. Zahida n’a pas été gâtée par la nature. Sa famille ne le lui a jamais pardonné. «J’ai toujours entendu ma mère dire que je ne ressemblais à personne d’autre dans la famille. En grandissant, j’ai compris ce qu’elle me reprochait : ne pas avoir un teint clair et des cheveux soyeux comme ma sœur et mon frère. Mes cheveux crépues et ma petite taille faisaient de moi le vilain petit canard de la famille. A cause de mon physique, j’étais rejetée et mal aimée. J’ai toujours senti que mes parents me traitaient moins bien que les autres. Toutes les corvées m’étaient réservées. Ma sœur était chouchoutée. Pas moi. Elle recevait des cadeaux, les meilleures parts à table et surtout des câlins.
Cette «hogra» était insupportable. A chaque fois que je rouspétais, je recevais une punition. A un moment donné, j’en suis même arrivée à croire que j’avais été adoptée. Ma sœur et mon frère étaient l’objet de toutes les attentions. Eux étaient «beaux» et avaient droit à tous les égards.
A l’adolescence, j’ai complètement perdu confiance en moi. J’avais tellement besoin d’être rassurée, mais, là encore, je me suis heurtée au rejet de mes camarades de classe. Mes résultats scolaires étaient catastrophiques... J’ai beaucoup souffert d’être exclue de partout, mais en même temps, je me suis forgée une carapace. Aujourd’hui, j’ai fondé une famille et je veille scrupuleusement à ne pas reproduire les erreurs de mes parents.

Blog de mumus : mumus, moi, le vilain

Mohamed, 40 ans
Etre rejeté par ses camarades de classe, rien de tel pour semer le désordre dans l’esprit d’un adolescent. Parce qu’il était en surpoids vers 14 -15 ans et qu’il avait le visage piqué d’acné, Mohamed a été le vilain petit canard de sa classe. Mes camarades passaient leur temps à me traiter de «smina», de «bonbonne de gaz», de «gros plein de soupe»… A cause de mon obésité, je ne trouvais rien à me mettre. A l’âge où les garçons entretiennent un rapport de séduction avec les filles, moi j’aurai tout donné pour raser les mur et disparaître sous terre. Humilié, insulté et moqué par les garçons de mon âge, j’étais mal dans ma peau. Résultat : je me suis renfermé sur moi-même et cela a duré jusqu’en terminale. Entre- temps, j’avais mûri et j’ai décidé de changer. J’avais la rage. Alors parallèlement à mes études, je faisais du culturisme dans une salle de sport un soir sur deux. En perdant du poids, j’ai gagné de l’assurance. Le regard des autres a changé et, du coup, j’étais mieux accepté et intégré.

Blog de mumus : mumus, moi, le vilain

Farid, 45 ans
Etre le souffre-douleur de sa propre famille est certainement une des plus douloureuses expériences à vivre. Farid se souvient : «Mes parents me battaient en répétant que je n’étais qu’un bon à rien. Maigrelet et chétif, on m’avait affublé de tous les sobriquets : «moustique», «mesmar», «mort-vivant», «cadavre ambulant». En plus de mon extrême maigreur, je souffrais d’une presbytie qui m’obligeait à porter d’affreuses lunettes…
Mes frères, qui avaient tous les privilèges, me cognaient dessus. Mon enfance est loin d’avoir été rose. Parce que je n’ai pas eu la chance d’être gâté par la nature comme eux, j’étais devenu leur bouc-émissaire. Seule ma grand-mère savait me consoler.
Je trouvais souvent refuge chez elle et pleurait tout mon saoul en lui racontant mes déboires.
Et surtout, je me promettais de me venger une fois devenu grand. Les années ont passé et la situation n’a pas beaucoup évolué. Je suis toujours méprisé par ma fratrie, mais aujourd’hui, je n’y accorde pas trop d’importance. Dieu merci j’ai réussi ma vie. J’ai une situation confortable. Avoir été maltraité dans ma jeunesse m’a donné la hargne, l’envie de renverser la vapeur, d’être quelqu’un d’accompli. Je me disais, «un jour, je leur montrerai de quoi je suis capable !». J’ai étudié, travaillé et fondé ma propre famille. Et surtout, je me suis forgé un caractère fort et autonome que je n’aurai certainement pas eu si j’avais été «élevé dans du coton», conclut Farid.
«Ce qui ne te tue pas te rend plus fort», disait Nietzsche. De quoi consoler un tant soit peu tous les «vilains petits canards» qui font les frais de la bêtise humaine.                                                Soraya Naili

Blog de mumus : mumus, moi, le vilain

___________________________________________

Le coeur perçoit ce que l'oeil ne voit pas 

 

samedi 29 mars 2014 21:21


|

ouvrir la barre
fermer la barre

Vous devez être connecté pour écrire un message à mumus

Vous devez être connecté pour ajouter mumus à vos amis

 
Créer un blog